Quand le thermomètre dépasse 30 °C, une habitude en cuisine transforme votre appartement en véritable étuve. Ce réflexe anodin pèse sur votre santé plus que vous ne l’imaginez.
Quand le thermomètre affiche déjà 28 ou 30 °C dans la cuisine, beaucoup ont le même réflexe : lancer un gratin, une pizza ou un gâteau au four. Geste anodin en apparence, mais qui se transforme vite en cauchemar thermique. Dans un article publié le 12 juillet 2025 sur le site de recettes Marmiton, la rédactrice cuisine Coline Cipolla rappelle que cette habitude est l’une des pires à adopter en pleine canicule.
Car dès que les températures extérieures dépassent 30 voire 35 °C, continuer à cuisiner "comme d’habitude" au four ou sur les plaques de cuisson surchauffe la cuisine, puis tout le logement. Résultat : nuits étouffantes, fatigue accrue, risques de malaises, surtout chez les enfants, les personnes âgées ou malades. Et pourtant, on continue souvent à préchauffer son four à 18 heures, en plein pic de chaleur.
L’erreur la plus fréquente, quand la température grimpe au dessus de 30 °C, consiste à allumer le four ou les plaques pour des cuissons longues. Un four à 200 °C chauffe l’air autour de lui, les meubles, les murs, et cette chaleur s’accumule dans tout l’appartement, en particulier dans les petits espaces mal ventilés.
L’Agence de la transition écologique (ADEME) rappelle dans ses conseils canicule que limiter l’usage des appareils qui produisent de la chaleur aide à garder un logement plus frais. Four traditionnel, plaques, mais aussi gros plats mijotés augmentent de plusieurs degrés la température intérieure, au moment même où l’on cherche désespérément à la faire baisser.
Les recommandations de Santé publique France rappellent qu’en période de canicule, maintenir son habitation au frais fait partie des gestes de prévention essentiels. Quand l’air intérieur reste chaud jour et nuit, l’organisme ne parvient plus à se "décharger" de la chaleur accumulée, la fréquence cardiaque augmente, la déshydratation s’installe plus vite et le risque de coup de chaleur grimpe.
Dans son article, Coline Cipolla conseille de boire au moins 2 litres d’eau par jour, car la transpiration élimine une eau chargée en sels minéraux. Or cuisiner au four en pleine chaleur revient à ajouter une source de chaleur continue, qui pousse le corps à transpirer davantage, donc à perdre encore plus d’eau et de minéraux. Les personnes âgées, souvent moins sensibles à la soif, et les enfants, qui se déshydratent plus vite, sont les premiers exposés.
Pour limiter la surchauffe, Marmiton recommande une vraie cuisine sans cuisson dès que possible : crudités, salades complètes, taboulés, gaspachos, tartines froides, fruits frais, yaourts, légumineuses en bocal bien rincées. Ces plats demandent peu d’efforts, sont faciles à digérer et n’ajoutent aucune chaleur dans la pièce.
Si vous devez quand même cuire, le site culinaire 750g suggère d’opter pour des cuissons courtes au micro-ondes, à la vapeur ou au wok, qui diffusent moins de chaleur qu’un four allumé une heure. Un article du magazine Maison & Travaux recommande par exemple d’utiliser le four tôt le matin, entre 6 h et 9 h, ou après 21 h, en évitant le créneau le plus chaud, de 11 h à 21 h. Mieux vaut aussi limiter le préchauffage "automatique" et enfourner dès que possible pour réduire la durée de chauffe.
Pour compléter, les conseils de Santé publique France insistent sur la nécessité de garder le logement frais : volets et rideaux fermés en journée, ouverture des fenêtres la nuit quand l’air extérieur est plus frais, courant d’air pour évacuer la chaleur après une cuisson. Combinés à une alimentation plus froide et à une bonne hydratation, ces gestes réduisent nettement la charge de chaleur supportée par l’organisme au quotidien.