Plat emblématique de Bourgogne, le poulet Gaston Gérard est né en 1930 dans la cuisine de Reine-Geneviève Bourgogne, première épouse de l’homme politique dijonnais Gaston Gérard.
Ce dernier, alors maire de Dijon et premier ministre français du Tourisme, recevait régulièrement des personnalités, et ce soir-là, c’était le célèbre critique culinaire Curnonsky, surnommé le « prince des gastronomes », qui était invité à dîner.
L’histoire raconte que, dans l’effervescence des préparatifs, Reine-Geneviève Bourgogne a renversé par maladresse un pot de paprika dans la cocotte où mijotait un poulet.
Plutôt que de céder à la panique, elle a improvisé en ajoutant quelques ingrédients qu’elle avait sous la main : du vin blanc, une cuillère généreuse de moutarde de Dijon, de la crème fraîche et une belle poignée de comté râpé.
Ce mélange inattendu a transformé l’accident en une sauce onctueuse et parfumée, qui a immédiatement séduit ses convives. Curnonsky lui-même s’est enthousiasmé pour cette création, contribuant à lui donner une renommée immédiate.
Par un réflexe assez courant à l’époque, le plat a finalement été attribué non pas à Reine-Geneviève mais à son mari, dont il a pris le nom. Ainsi est né le « poulet Gaston Gérard », qui, depuis, a trouvé sa place dans les cuisines bourguignonnes et comtoises.
Sa générosité et son caractère réconfortant en ont fait un incontournable des tables familiales, un plat qui traverse les décennies sans perdre de son attrait. Aujourd’hui encore, cette recette garde le goût du terroir et de la convivialité.
Elle s’inscrit dans une tradition culinaire qui fait la part belle aux produits régionaux et à l’art de transformer une erreur en réussite. À chaque rentrée, il annonce le retour des soirées réconfortantes, celles où l’on partage autour d’une cocotte fumante un moment chaleureux et gourmand.
Pour six personnes :
Commencez par découper le poulet en morceaux réguliers, puis faites-les dorer dans une cocotte avec un filet d’huile. Lorsqu’ils sont bien colorés, assaisonnez-les de sel et de poivre, ajoutez une branche de thym et versez le vin blanc.
Laissez ensuite mijoter doucement pendant environ trois quarts d’heure, en remuant de temps en temps afin que la viande s’imprègne parfaitement des arômes et conserve tout son moelleux.
Une fois le poulet cuit, disposez les morceaux dans un plat allant au four et maintenez-les au chaud à 100 °C, thermostat 3 à 4, pendant que vous préparez la sauce. Dans la cocotte, filtrez le jus de cuisson en le passant au chinois, puis délayez-y la maïzena. Cette étape permet d’obtenir une base de sauce plus lisse et légèrement épaissie.
Dès la reprise de l’ébullition, incorporez le comté râpé en pluie, sans cesser de mélanger pour le faire fondre et obtenir une texture onctueuse. Ajoutez ensuite une généreuse cuillère de moutarde forte et la crème épaisse.
Laissez la sauce reprendre une légère ébullition afin d’homogénéiser la préparation, puis nappez-en les morceaux de poulet. Pour terminer, glissez le plat sous le gril du four pendant une dizaine de minutes, juste le temps de gratiner légèrement la surface et de sublimer la sauce.
L’auteur recommande d’accompagner ce plat d’un riz blanc et souligne l’importance de choisir un poulet de qualité : une volaille trop fragile risquerait de se déliter à la cuisson et le rendu serait moins savoureux et moins élégant à présenter.
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2025-09-02T13:05:02Z