Votre ticket de caisse grimpe, même quand vous remplissez seulement le chariot de produits basiques ? Dans ce contexte de prix alimentaires sous tension, la méthode du batch cooking s'invite partout, présentée comme une solution pour reprendre la main sur son budget. L'idée : préparer en une seule fois les repas de plusieurs jours pour gagner du temps, mais surtout de l'argent. Sur le papier, le calcul semble évident.
Dans les faits, est-ce que cette organisation serrée fait vraiment baisser vos courses, ou déplace-t-elle simplement la dépense ailleurs ? Laurie, mère de trois enfants, s'y est mise quand l'une de ses filles est partie étudier loin du domicile familial. Elle raconte : "Je voulais qu’elle n’ait pas à cuisiner le soir pour qu’elle puisse se concentrer sur ses études", confit-elle au Progrès. Ses chiffres, et ceux de professionnelles du batch cooking, donnent des ordres de grandeur intéressants.
Le principe du batch cooking est simple : vous planifiez vos menus de la semaine, vous faites une seule grande liste de courses, puis vous cuisinez tout en une ou deux sessions. Cette façon de faire limite les allers-retours au supermarché et réduit les achats d'impulsion. Elle oriente aussi vers des produits bruts plutôt que des plats préparés, plus chers au kilo. Quand les menus sont établis, chaque ingrédient a une place précise, ce qui réduit fortement le gaspillage alimentaire.
Laurie explique : "En prévoyant mes menus à l’avance et en achetant uniquement ce dont j’avais besoin, je suis passée d’environ 150 euros de courses par semaine à 120 euros pour toute la famille", soit 30 euros de moins par semaine. Elle s'est aussi attaquée à la facture d'électricité. "Je prépare tous mes plats le matin et je les fais réchauffer en même temps au four à midi. J’allume mon four une seule fois pour trois ou quatre plats, alors qu’avant je l’utilisais tous les soirs", détaille-t-elle. Sur un mois, sa consommation est passée d'environ 472 kWh à 445 kWh, ce qui représente une soixantaine d'euros économisés par an, auxquels s'ajoutent environ 50 euros liés à une vaisselle mieux organisée.
Au-delà de ce cas précis, des programmes spécialisés qui fournissent menus et listes de courses détaillés avancent des gains importants : entre 20 et 35 % du budget alimentaire en moins selon le niveau d'organisation et le point de départ. Aurélie et Christina, qui ont créé La Bienfaisante, observent "une forte augmentation des demandes ces derniers mois". Leur constat : le batch cooking permettrait "plus de 20% d’économies" par rapport à une cuisine improvisée au jour le jour, grâce à la fin des plats ultra-transformés et à une réduction de la viande dans les menus.
Les chiffres ne tombent pas du ciel : ils reposent sur une organisation presque militaire. Laurie concentre toutes ses préparations le dimanche matin, limite les ustensiles et les lavages : "Je fais cuire le riz et la fondue de poireaux dans la même casserole et je lave tout en une seule fois, que ce soient les poêles, les robots de cuisine ou la plaque de cuisson. Avant, je lançais le lave-vaisselle trois ou quatre fois par semaine, maintenant une seule fois le dimanche". Elle planifie aussi la place de la viande en début de semaine, puis termine avec des soupes et plats de légumes pour éviter les produits chers qui se périment vite.
En tenant ce rythme, Laurie estime avoir économisé 1650 euros en cumulant courses, électricité et eau. Elle résume : "Quand je fais des menus pour la semaine, rien ne part à la poubelle". À vous d'ajuster la méthode à votre foyer.
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